DOSSIER DJIHADISME : Quels sont les profils-types ? (4/5)

SYNTHÈSE. Bien qu’il n’y ait pas un profil-type de djihadiste et malgré la diversité des intentions, il est possible d’identifier quelques idéaux-types du djihadiste français, établis sur la base...
Un djihadiste du groupe État islamique

SYNTHÈSE. Bien qu’il n’y ait pas un profil-type de djihadiste et malgré la diversité des intentions, il est possible d’identifier quelques idéaux-types du djihadiste français, établis sur la base de motivations récurrentes.

 

Précisons qu’un idéal-type n’est pas la réalité mais le modèle abstrait d’un phénomène social, utile à sa compréhension.

 

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La focalisation médiatique sur le modèle de l’anti-héros est problématique

Si ce profil correspond jusqu’en 2012-2013 au modèle dominant des djihadistes, présentant alors une certaine homogénéité, l’attention médiatique dont il fait l’objet laisse croire que tous les djihadistes s’y rattachent. Est-ce parce qu’il renvoie au profil du terroriste djihadiste ayant commis des attentats en France ?

En tous les cas, leur statut d’anti-héros absolu, qu’ils se trouvent en Syrie ou en France, est consacré par les médias occidentaux qui sollicitent abondamment les experts. Fahrad Khosrokhavar met en avant la sacralisation de la mort, la banalisation de la haine et la spirale de la vengeance, renforcées par un effet d’imitation, tandis que Raphaël Liogier les qualifient de « ninjas du djihad » voulant réparer une blessure narcissique et identitaire.

En outre, cette focalisation médiatique enracine dans les esprits l’idée d’un déterminisme relatif aux origines sociales et au parcours personnel. Pour prendre deux exemples récents, Abdelhamid Abaaoud, le coordonnateur présumé des attentats du 13 novembre, appartient à la classe moyenne, et Samy Amimour, l’un des kamikazes, n’est pas un délinquant radicalisé.

Seule une minorité de djihadistes présentent des troubles psychiatriques

Contrairement à une idée reçue, les djihadistes ne sont pas plus atteints de troubles psychiatriques que le reste de la population. Ce ne sont pas des fous irresponsables mais des individus rationnels. Selon les experts, environ 10 % seulement présentent des troubles psychiatriques.

 

Sommaire du dossier :

1. Un phénomène sans précédent

2. Le processus de l’engagement djihadiste

3. Le rôle de l’islamisme en débat

4. Quels sont les profils-types ?

5. Le terrorisme djihadiste en France

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Fondateur et directeur de RESET Webzine. Ancien chargé de projets Médias au Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CERIUM), je suis journaliste indépendant et travaille comme attaché de production à RFI. Je posséde un Master d'histoire contemporaine de l'université Paris-Sorbonne et un DESS de journalisme de l'université de Montréal. #international #Moyen-Orient

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