Le jour où je suis devenue hippie

CHRONIQUE. Audrey a adopté un nouveau mode de vie néo-hippie, axé sur le respect de l’environnement, les filières alimentaires courtes et saines ainsi que le développement du bien-être. Mais non,...

CHRONIQUE. Audrey a adopté un nouveau mode de vie néo-hippie, axé sur le respect de l’environnement, les filières alimentaires courtes et saines ainsi que le développement du bien-être. Mais non, elle n’est pas entrée dans une secte !

 

Quand j’ai raconté à ma mère que je mangeais bio, végétarien, qu’à la coloc on pratiquait le 0 déchet dans la mesure du possible et même le « dumpsterdiving » de temps en temps (c’est-à-dire, récupérer des aliments consommables dans les poubelles des magasins), elle a carrément cru que j’étais entrée dans une secte !

Elle m’a aussitôt demandé si j’avais besoin d’argent, combien je pesais, si je mangeais à ma faim et comment j’avais fait pour en arriver là. Tout ça par messages Whatsapp. Autant dire que j’étais harcelée. Quand j’ai arrêté de prendre la peine de répondre et de me justifier, j’ai reçu une bonne dizaine d’appels en absence. Je sentais la panique s’emparer d’elle à l’autre bout de l’Atlantique. Ne sachant plus quoi lui dire, je l’ai alors dirigée vers le web !

D’ailleurs tout le monde se pose la question, y compris ma chère mère : « qu’est-ce qu’on nous fait manger ? ». Mais peu de gens changent leurs habitudes pour autant… C’est là que l’idée du bio m’a séduite.

J’ai pourtant tenté de lui expliquer que je mangeais de moins en moins de viande, par goût mais aussi par choix. Nous sommes devenus des sédentaires, nous avons moins besoin de viande. De toute façon, on mange même trop. On connait d’ailleurs les conséquences d’une consommation excessive pour notre santé… Et puis, si c’est pour manger des animaux élevés sans avoir vu le jour et qui ont grandi sans amour, bourrés d’hormones et nourris à la farine animale, voire même des animaux clonés, ça n’inspire pas du tout confiance.

D’ailleurs tout le monde se pose la question, y compris ma chère mère : « qu’est-ce qu’on nous fait manger ? ». Mais peu de gens changent leurs habitudes pour autant… C’est là que l’idée du bio m’a séduite. Alors, je fonctionne avec un petit système alternatif de panier bio. La personne qui organise tout ça choisit les provenances, connaît les maraîchers, se renseigne beaucoup sur leur type d’agriculture et fait attention à ce que les produits soient « fair-trade » quand ils sont importés. La plupart du temps, ce sont des fruits et légumes locaux et de saison.

Tout ce qui est économie locale a une valeur très importante pour moi comme pour les Québécois. C’est d’ailleurs pour eux une façon de montrer qu’ils peuvent être auto-suffisants du reste du Canada, de la même manière qu’on peut être autonome vis-à-vis des grands producteurs et distributeurs de l’industrie agro-alimentaire.

Au-delà de l’alimentation, je dirai même que ce mode de vie est un état d’esprit. On donne, on échange, on recycle, on fait son shopping dans les friperies, on retape les vieilles choses pour en faire des neuves… C’est culturel.

On fait aussi beaucoup de « dumpsterdiving » dans les poubelles des grandes surfaces. On récupère des fruits et légumes pas assez beaux pour être vendus, des produits secs à peine passés de date… Certains employés font même des sacs ou des cartons pour éviter que les gens ne plongent dans les poubelles pour en sortir des trésors. Grâce à ça, on fait des économies et on évite le gâchis. Ça a été longtemps interdit en France. Au Québec, ce n’est pas tout fait légal mais il y a une vraie communauté organisée, avec des cartes de tous les endroits les mieux achalandés, des groupes Facebook et tout ce qui s’ensuit.

Au-delà de l’alimentation, je dirai même que ce mode de vie est un état d’esprit. On donne, on échange, on recycle, on fait son shopping dans les friperies, on retape les vieilles choses pour en faire des neuves… C’est culturel. Par exemple, la ville de Montréal fait en sorte que chaque citoyen puisse posséder une poubelle de compost chez lui. Cela ne concerne malheureusement pas encore tous les arrondissements mais l’initiative est là. Et qui dit compost, dit 0 déchets. On tend vers ça, on revient à des valeurs essentielles et plus humaines. Bon, ça voudrait aussi dire faire une croix sur le papier-toilette… Mais là… j’avoue ne pas encore avoir franchi le pas ! Cependant, je suis passée à la « Diva Cup », une alternative aux tampons et aux serviettes : une petite révolution pour mon vagin, mon porte-monnaie et la planète.

C’est vraiment ici, à Montréal, que j’ai pu donner un sens à ce mode de vie qui se rapproche de mes valeurs au quotidien. C’est aussi pour cela que j’ai eu envie de vivre avec des gens qui avaient cette même philosophie. Mes deux colocataires sont même plus rigoureux que moi. Par exemple, eux n’utilisent plus de papier toilette et achètent TOUT en vrac. Et c’est très bien comme ça, j’apprends beaucoup d’eux.

Pour en revenir à ma très chère mère, elle s’est finalement renseignée un peu plus en détails sur ces différentes pratiques. Armée de sa souris et de son ordinateur, elle a lu plein d’articles. Et devinez quoi ? Elle trouve ça génial maintenant ! Ah, l’ignorance et l’instinct maternel…

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TOTEM & TABOU (#chroniques)

Rédactrice. Je vis à Montréal où je travaille dans la com'. Je suis diplomée en Lettres modernes et publicité. Mon rêve ? Créer ma boite de pub et relations publiques. #expériences #photos

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